Si vous ne faites que passer entre les scènes principales de NorthSide, vous ratez quelque chose.
Il y a quelque chose de magique dans ces endroits d'un festival qui ne sont pas forcément mis en avant sur l'affiche. Ces endroits où l'on ne prévoit pas forcément de s'attarder, mais où l'on finit par passer tout un après-midi parce qu'on trouve toujours une nouvelle raison de rester un peu plus longtemps.
C'est ce que j'ai toujours ressenti à propos de Sideshow à NorthSide.
Avant, c'était un chapiteau où l'on pouvait s'arrêter, rire un peu devant le Glitter Wrestling, prendre une bière et passer au concert suivant. Mais cette année, tout a changé. Si vous passez devant le chapiteau Nova et que vous continuez vers la forêt, NorthSide change radicalement d'ambiance. La musique est toujours là et les bières coulent toujours à flots. Mais l'atmosphère est complètement différente.
Là où Sideshow n'était qu'une tente, c'est devenu un espace entier. Et ça fonctionne étonnamment bien.
Un tout nouveau coin de NorthSide
Ce qui frappe d'abord, ce ne sont pas forcément les activités, mais plutôt cette impression d'être arrivé ailleurs. Le carrelage en bois craque sous les pas, des panneaux indiquent différentes directions, et tout autour, des festivaliers sont attablés avec bières, cocktails et en-cas, tandis que d'autres explorent les lieux entre deux activités, cherchant à découvrir ce qui se cache au détour du chemin.
Tout cela paraît un peu étrange, mais dans le bon sens du terme.
NorthSide aurait pu utiliser cet espace pour un autre bar à bières ou un coin avec des bancs et des tables. Au lieu de cela, le festival a choisi d'aménager un espace où l'on peut planter des clous dans une souche d'arbre, lancer des sacs de sable, se barbouiller de paillettes, regarder du catch, ou simplement s'asseoir et se détendre. C'est peut-être justement pour cela que l'endroit fonctionne. Il ne s'agit pas ici d'accomplir quoi que ce soit. Il s'agit simplement d'être.
Au centre de la place se trouve la petite scène du Sideshow, où musiciens et artistes veillent à ce qu'il se passe toujours quelque chose. On danse partout. À plusieurs reprises dans l'après-midi, nous avons vu des gens se tenir la main et traverser la place en riant, formant de longues chaînes. Personne ne semblait se soucier de l'heure ni du concert qu'il leur restait à voir. Le temps semblait s'écouler plus lentement ici.
On descend ici pour jeter un coup d'œil, et peut-être s'asseoir avec une bière. Puis il se passe quelque chose sur scène et soudain, une heure de plus s'est écoulée.
Glitter Wrestling est toujours aussi dingue
S'il y a une activité qui est devenue synonyme de Sideshow au fil des ans, c'est bien le catch pailleté.
Des adultes se jettent dans un ring de catch recouvert de paillettes tandis que le public crie, rit et applaudit comme s'il s'agissait d'un championnat du monde. C'est totalement impossible à prendre au sérieux. Et c'est précisément ce qui fait son succès.
Vendredi après-midi, en passant devant le ring, nous avons vu une foule compacte. Nous avons engagé la conversation avec trois jeunes femmes venues encourager leur amie. Le terme « encourager » est peut-être un euphémisme : elles criaient si fort que j’ai cru un instant que j’entendais encore d’une oreille. De l’autre côté du ring, un homme attendait l’entrée de son ami.
Et c'est peut-être ce qui rend le Glitter Wrestling si divertissant. Les gens ne viennent pas seulement pour le spectacle. Ils viennent pour les personnes qui y participent. Pour l'ami qui ose monter sur le ring, pour le copain. Pour la personne qu'ils connaissent et qui devient soudainement le personnage principal devant un public d'inconnus.
Alors que des paillettes volaient dans les airs et que les artistes sur scène en lançaient encore plus sur les participants et le public, l'événement s'est transformé en un mélange de sport, de théâtre et d'absurdité festive. L'un des points forts de cette édition était la mixité dans l'arène. On a même vu plus de femmes alignées que les années précédentes, et le public acclamait avec la même ferveur, quel que soit le camp adverse.
Il était tout simplement impossible de ne pas sourire et d'applaudir.
La lisière de la forêt complète l'expérience
Juste à côté de Sideshow se trouve Skovbrynet, qui s'est discrètement développé ces dernières années pour devenir l'un des espaces les plus immersifs de tout le festival.
Ici, les arbres sont serrés autour des tables et des bancs, et entre les troncs se cachent de petits bars et une cabine de DJ. L'endroit était déjà bondé l'après-midi, et plus la journée avançait, plus les arbres se rapprochaient.
Difficile de parler de Sideshow sans évoquer Skovbrynet. Les deux espaces sont naturellement liés et, avec le chapiteau Nova juste à côté, NorthSide a créé un véritable petit quartier au cœur du festival. Un endroit où l'on descend pour un concert, mais où l'on finit par s'attarder pour boire un verre. Où l'on s'arrête pour regarder du catch et où, une heure plus tard, on se retrouve à danser entre les arbres.
À la tombée de la nuit, Skovbrynet se métamorphose en une immense discothèque à ciel ouvert. Les guirlandes lumineuses s'allument entre les arbres, la musique résonne entre les troncs et l'endroit s'emplit d'une ambiance festive indescriptible, mais irrésistible.
NorthSide reste avant tout une fête de la musique sur les grandes scènes. Mais les meilleurs moments de cette édition se trouvent en réalité entre les concerts. Dans les idées originales et les petits espaces. Dans les gens qui dansent avec des inconnus, encouragent leurs amis sur un ring de catch ou traînent à une grande table, même s'ils comptaient partir depuis longtemps.
Si vous ne faites que passer d'une scène à l'autre à NorthSide, vous ratez quelque chose.















