Logo AAI pour mobile

Le musée Ovartaci est un monde entre réalité et vision

Publié le : 09.05.2025
Musée d'Ovartaci
par : Christina Hazelden

Un hélicoptère fait maison et une vie sans limites

L'une des premières choses que l'on découvre au musée Ovartaci est un hélicoptère rudimentaire, fabriqué artisanalement. Il s'agit d'une reconstitution de l'appareil qu'Ovartaci avait construit en 1972 lors de son hospitalisation à l'hôpital psychiatrique de Risskov.

Cela en dit long sur l'homme derrière l'œuvre. Bien qu'il ait passé la majeure partie de sa vie adulte dans un service psychiatrique, il n'a jamais cessé d'imaginer un monde sans frontières.

On comprend vite que le musée Ovartaci ne fonctionne pas comme une exposition d'art traditionnelle. On y déambule à travers des salles, des objets et des récits qui, ensemble, offrent un aperçu d'une vie hors du commun et d'un art qui continue de susciter la curiosité.

Ovartaci lui-même croyait avoir vécu des milliers d'années. Il décrivait ses vies antérieures comme celles d'un oiseau de paradis, d'un requin du Groenland et d'une femme, entre autres. Ce monde imaginaire vous accompagne tout au long de votre visite au musée.

Musée d'Ovartaci

Un bureau chargé d'histoire.

Au début de la visite, vous passerez devant une reconstitution du bureau du médecin-chef Harald Selmser. La couleur des murs n'est pas le fruit du hasard. La conservatrice du musée, Anne-Mette Strange, explique qu'il a été recréé à partir de plusieurs couches de papier peint provenant du bureau d'origine de l'hôpital.

Le bureau est toujours à sa place, et la pièce donne une impression de l'autorité et de la structure qui caractérisaient la psychiatrie à cette époque.

À quelques pas de là, l'atmosphère change. Ici, la rigueur du bureau cède la place aux figures, dessins et univers imaginaires d'Ovartaci, créés à partir de papier, d'étain, de couleurs et de matériaux dont peu auraient perçu le potentiel.

Plus loin dans le musée, la lumière pénètre par les fenêtres d'origine de l'ancien hôpital. Récupérées dans un conteneur lors de la démolition, elles font désormais partie de l'exposition.

Selon Anne-Mette Strange, certains clients choisissent de ne pas emprunter le vieux couloir de l'hôpital.

« Cela éveille quelque chose chez certaines personnes », dit-elle.

On comprend aisément pourquoi. Les fenêtres et le couloir évoquent une époque où la vie à l'hôpital était bien différente.

Dans la même pièce se trouve le lit qu'Ovartaci utilisait lorsqu'il séjournait plus tard à la maison de retraite de Dalstrup. Il l'avait peint lui-même, et les murs qui l'entourent sont couverts de figures et de symboles inspirés, entre autres, de la culture égyptienne. Bien que la pièce soit petite, elle dégage une grande sérénité.

Lit du musée Ovartaci

Les poupées faisaient partie de son quotidien.

Une vitrine expose les outils d'Ovartaci. La boîte de peinture est usée, les pinceaux portent des traces d'utilisation évidentes, et tout autour se trouvent les figurines avec lesquelles il a vécu pendant de nombreuses années.

Anne-Mette Strange en désigne un du doigt. « Il a donné des bonbons à celui-ci. »

C'est encore parfaitement visible. La peinture autour de la bouche s'est usée précisément à l'endroit où le bonbon l'a touché.

Pour Ovartaci, ces figures n'étaient pas de simples œuvres d'art. C'étaient des êtres vivants dotés de leur propre signification.

Sur l'un des murs du musée, on peut simplement lire :

Tout a une âme.

Musée d'Ovartaci

Un rappel de l'histoire de la psychiatrie

L'une des pièces renferme plusieurs camisoles de force datant de l'époque où la contention faisait partie du traitement psychiatrique.

Elles sont discrètement accrochées derrière des vitres, mais elles racontent néanmoins une histoire puissante sur l'époque où vécut Ovartaci.

Au fil de la visite, le contraste apparaît clairement. Tandis que le décor tentait de définir le cadre, il continuait de créer son propre univers à travers son art.

Il se décrivait comme à la fois humain, oiseau, enfant et femme. L'identité n'a jamais été une dimension fixe pour lui.

Musée d'Ovartaci

Des boîtes de sardines transformées en œuvres d'art

La dernière partie de l'exposition est accrochée l'une des plus grandes œuvres d'Ovartaci, qui sera présentée ultérieurement à New York.

Autour de vous se trouvent également des sculptures réalisées à partir de boîtes de sardines, de tubes de dentifrice, de papier aluminium et d'autres matériaux auxquels il avait accès.

Quand le personnel a refusé de lui donner du métal, il leur a dit qu'il adorait les sardines. Alors, les boîtes ont commencé à arriver.

Personne ne sait s'il en a mangé le contenu, mais les boîtes sont devenues des œuvres d'art.

Cette histoire en dit long sur sa persévérance. Lorsqu'une opportunité s'évanouissait, il en trouvait une autre.

Musée d'Ovartaci

Le recueil de poésie que personne ne connaissait

L'une des dernières œuvres de la tournée est la figurine Pupparpasta.

Après la mort d'Ovartaci, on a découvert un recueil entier de poèmes écrits en espagnol, dissimulé dans la tête de la statue.

L'un des poèmes est encore visible aujourd'hui sur le mur, près de la statue. Un autre exemple de la façon dont ses œuvres recèlent des histoires qui ne sont découvertes que bien des années plus tard.

Collection de poésie du Musée Ovartaci

Un musée avec de l'espace pour les gens

Le musée Ovartaci est actuellement situé au sein du centre culturel Bunkeren à Skejby.

Outre la collection permanente, la maison abrite également un atelier créatif où d'anciens patients psychiatriques se réunissent pour parler d'art et de vie communautaire.

Comme le dit Anne-Mette Strange : « Ici, vous n’êtes pas votre diagnostic. »

Cette idée se ressent à plusieurs endroits du musée. L'histoire ne se limite pas à un seul artiste, mais aborde aussi les thèmes de l'identité, du droit à la liberté d'expression et des individus.

Lorsque vous quittez le musée Ovartaci, il est rare qu'une seule œuvre vous marque particulièrement.

Il pourrait s'agir de l'hélicoptère à l'entrée, de la poupée usée avec les timbres à bonbons, ou du recueil de poésie qui était caché dans la tête d'une poupée depuis des décennies.

Le musée Ovartaci n'est pas un musée où l'on se contente de regarder des œuvres d'art. C'est un lieu où l'art et l'histoire de la vie sont si étroitement liés qu'on ne peut guère comprendre l'un sans l'autre.

articles

Cela se passe à Aarhus

Découvrez un aperçu des expériences et événements à venir à Aarhus. 

Culture