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Iben n'y peut rien – Cinquième fois sur la scène de Moesgaard

Publié le : 18.05.2026
Iben - La Reine des Neiges à Moesgaard - Photo Marianne Rose Corvinius
par : Christina Hazelden - Photo : Marianne Rose Corvinius

Cet été, Moesgaard se transformera une fois de plus en un grand conte de fées lorsque le Théâtre royal danois présentera, à partir du 22 mai, La Reine des neiges, une grande représentation en plein air. Cette pièce est une adaptation par Kim Fupz Aakeson du conte de Hans Christian Andersen, mise en scène avec une scène tournante, des véhicules électriques, des lasers et plus de 60 figurants locaux sur le terrain en pente face à la baie.

L'un d'eux était présent à chaque fois.

Iben a 43 ans, vit à Aarhus et a participé aux cinq représentations sur la grande scène extérieure de Moesgaard. Elle est la seule figurante à avoir été présente à chaque représentation.

J'appelle Iben un matin alors qu'elle est à Moesgaard pour se préparer pour la première. Sa voix est un peu rauque. Elle a passé des semaines en combinaison de ski et vêtements d'hiver. Mais l'excitation est palpable et elle imprègnera toute notre conversation.

« Je ne ressens pas ce sentiment de FOMO dans aucun autre aspect de ma vie », dit-elle. « Les gens parlent de voyages en ville et tout ça, et je me dis juste : "D'accord, c'est sympa." Mais l'idée de ne pas avoir à sortir, ça me donne des sueurs froides. »

Iben - La Reine des Neiges à Moesgaard - Photographe Marianne Rose Corvinius

Une petite famille sous cloche

Tout a commencé par un hasard. Iben faisait du théâtre à l'école primaire et regrettait de ne plus pouvoir jouer et créer ensemble. Puis, une annonce est apparue sur Facebook, recherchant des figurants pour la pièce Røde Orm, et elle s'est rendue au casting à Godsbanen avec des centaines d'autres personnes.

« Je ne pensais pas être admis. Je n'avais aucune idée de ce dans quoi je m'embarquais. »
Iben est arrivée avec elle, et la petite famille qu'ils ont créée lors des grands spectacles à Moesgaard tous les deux ans est restée à ses côtés depuis.

Elle compare l'expérience à un séjour universitaire. On vit intensément ensemble pendant quelques mois, comme sous une cloche de verre, puis c'est fini, et il reste un vide qu'il faut combler. Ce n'est pas du théâtre amateur, insiste-t-elle, c'est une production à part entière où l'on travaille aux côtés de professionnels, sur scène comme en coulisses. Les mêmes techniciens, année après année.

« C'est un peu comme une drogue dont on a envie. On devient même un peu accro », dit-elle en riant.

La nature est une partenaire

Le théâtre en plein air peut offrir une expérience unique, et Iben en garde un souvenir très particulier. Pendant la représentation de Ragnarok, des orages ont menacé à plusieurs reprises d'annuler le spectacle. Un homme se tenait sur le toit de Moesgaard, muni de jumelles et d'un chronomètre, pour mesurer la distance qui séparait le tonnerre et les éclairs. Et juste au moment où Thor, le dieu du tonnerre, entrait en scène, un éclair a illuminé l'horizon.

On ne retrouve pas cet effet naturel à l'intérieur d'une salle de cinéma.

« La nature ici, à Moesgaard, est à la fois magnifique et terrifiante pour faire du théâtre », dit-elle. D'ici, la vue sur la baie est imprenable.

Iben la Reine des Neiges à Moesgaard - Photo Marianne Rose Corvinius

Des relations pour la vie

Ce qui la fait revenir sans cesse, ce ne sont pas les rôles, mais les gens. Iben, comme elle le dit elle-même, adopte à tout-va. Si elle croise quelqu'un qui lui plaît, elle est conquise. Elle s'est liée d'amitié avec une personne qu'elle considère comme une sœur, et qui est devenue depuis la tante de ses enfants. Elle a une amie qu'elle appelle sa fille adoptive, une personne qu'elle n'aurait jamais rencontrée ailleurs. Des amis âgés de 25 et 75 ans.

« Nous n'aurions jamais pu engager la conversation lors d'une soirée. Nous n'aurions pas eu ce terrain d'entente, cette envie de créer du théâtre ensemble. »

Elle est emplie de gratitude lorsqu'elle repense à tous ceux qui ont croisé son chemin. Cela s'entend très clairement dans sa voix.

Quatre rôles et quatre costumes

Cette année, dans La Reine des neiges, Iben interprète quatre rôles et porte quatre costumes. C'est un record pour elle. Certains rôles sont courts, ce qui lui évite de se concentrer sur chaque personnage, mais cela représente tout de même quatre passages et quatre personnages différents à incarner en une seule soirée.

La pièce raconte l'histoire de Gerda, une jeune fille partie à la recherche de sa meilleure amie, et Iben est obsédée par cette idée. Elle prône l'idée qu'on n'est jamais trop petit pour accomplir de grandes choses. Elle partage ce sentiment, à la Fifi Brindacier, que l'enfant intérieur doit pouvoir s'exprimer et conquérir le monde, car c'est là que réside le meilleur en nous.

Elle a un tatouage sur le bras, un hommage aux belles histoires, orné de motifs féeriques. Il est essentiel de pouvoir rêver, croit-elle, surtout en ces temps difficiles. Une belle histoire est synonyme d'une vie meilleure.

Et pour tous ceux qui envisagent de s'inscrire comme figurants pour la prochaine représentation dans deux ans, son message est on ne peut plus clair :
« On ne regrette jamais d'y avoir participé. Ça a peut-être été difficile, mais on ne le regrette jamais. Si vous avez ne serait-ce qu'une petite envie de faire du théâtre ou d'être sur scène, vous devriez absolument le faire. »
Parce que c'est magique.

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